Issu d'une famille d'officiers de seigneurie puis d'officiers royaux très anciennement implantée en Beauvaisis - son ancêtre paternel, Pierre BAYARD (1639-1725) était procureur fiscal des justices de Montreuil-sur-Brêche - Hippolyte BAYARD, qui naît à Breteuil le 20 janvier 1801, est le fils d'un huissier royal devenu juge de paix, Emmanuel BAYARD (1756- 1840). Une tradition ancienne rapporte que le jeune Hippolyte aurait eu la révélation des effets et des utilisations de la lumière sur la matière, par la coutume qu'avait instaurée son père d'envelopper les pêches de son jardin d'un papier découpé à ses initiales et de les exposer ensuite au soleil...
Tout d'abord destiné à suivre la tradition familiale, Hippolyte BAYARD, après avoir été élève de l'institution ecclésiastique Gunéard à Beauvais, exerce, semble-t-il, les fonctions de clerc d'avoué à Senlis, en compagnie de son cousin et ami d'enfance, Edmond GEFFROY (1804- 1895), le futur sociétaire de la Comédie Française. Mais, très vite, il abandonne cette première voie pour aller tenter, avec son ami GEFFROY, l'aventure parisienne. S'il entre, dès 1825, au Ministère des Finances, en tant que « commis de 2e classe des contributions directes », il suit parallèlement une formation picturale au sein de l'atelier AMAURY-DUVAL.
C'est dans ce milieu artistique bouillonnant de la Restauration et des débuts de la Monarchie de Juillet que BAYARD va être amené à s'intéresser aux procédés de reproduction « photogénique » (littéralement, « produit par la lumière » ). Il utilise les balcons du Ministère des Finances, rue de Castiglione, pour réaliser ses premiers essais scrupuleusement consignés en des cahiers. Malheureusement pour lui, sa découverte du positif direct, au début de l'année 1839, intervient au moment même où Arago proclame devant l'Institut la découverte du daguerréotype et consacre le triomphe de DAGUERRE. Malgré le soutien de personnalités influentes telles que les chimistes BIOT et CHEVREUL ou l'archéologue Raoul ROCHETTE, BAYARD demeure dans l'ombre. Il exprimera toute son amertume dans l'extraordinaire photographie du Noyé (1840), première mise en scène de l'histoire de la photographie et premier canular photographique connu. De même, son expérimentation du calotype se heurte au succès du procédé de TALBOT, dont la publicité et le rayonnement apparaissent beaucoup plus efficaces. (Extrait de l'article de Jean-Charles CAPPRONNIER paru dans le bulletin 109)
Pour en savoir plus : consulter le livre : « Hippolyte Bayard, chevalier de l'ombre » de la Société Historique de Breteuil.
Voir également le « Généalogiste Picard » n°109.